La mise en route et l'entretien


Conseils pour un bon démarrage



(Cliquer sur fiche d'entretien "baroque" ou "andine" pour obtenir les fichiers imprimables au format pdf)
Une flûte en bois est un instrument sensible aux conditions et aux variations de température et d'hygrométrie, et ce durant toute sa durée de vie. Bien qu'au cours de sa réalisation il ait déjà subi des étapes de stabilisation et de huilage, il est indispensable de respecter une période de « rodage », puis de réaliser un entretien régulier tout au long de son utilisation. Vous pourrez alors tirer le meilleur de votre flûte.

Les flûtes baroques :

La mise en route :
Augmenter régulièrement le temps de jeu au cours du premier mois.
Après chaque utilisation, démonter toutes les parties de votre flûte, et les laisser reposer en position verticale.
Réaliser un huilage de toutes les parties de la flûte tous les quinze jours pendant deux à trois mois.
Respecter avec davantage de vigilance les conseils d'entretien durant cette période.
L'entretien :
- huilage : Le huilage est à réaliser lorsque l'instrument est resté au moins huit heures au repos, en position verticale.
Huiler l'intérieur de chaque partie de la flûte indépendamment avec de l'huile d'amande douce (aussi bien pour les flûtes en buis qu'en grenadille).
En cours de fabrication la perce a été huilée à plusieures reprises avec de l'huile de lin, afin de colmater les pores du bois, et d'obtenir une surface lisse, ce qui a une influence sur la richesse du timbre.
L'huile d'amande douce permet de conserver à la perce sa surface lisse sur laquelle l'humidité n'aura pas de prise. Utiliser de l'huile récente.
Avant le huilage de la tête, retirer le bouchon à l'aide de la tige fournie, et replacer le bouchon seulement aprés la mise en repos, après avoir évacué l'excès d'huile.
Laisser au repos en position horizontale pendant 3 ou 4 heures minimum, puis essuyer le surplus d'huile avec un chiffon doux, en laissant à la perce une apparence « humide ».
Attention à ne pas mettre d'huile sur le fil des tenons, ainsi que sur le tampon de la clef (soit la démonter, soit protéger le tampon avec un papier absorbant).
Ce huilage est à faire au moins deux fois par mois pour la tête qui prend d'avantage l'humidité que les autres parties de l'instrument, et tout les mois pour les autres parties.
Huiler également l'extérieur de la flûte, avec un chiffon doux imbibé sans excès d'huile d'amande douce, en même temps que le huilage de la perce.
Ne pas utiliser d'huile de lin, qui pourrait laisser une peau dans la perce, ce qui serait préjudiciable pour la justesse de votre flûte.
- graissage des tenons : lorsque  votre flûte vous est livrée, les tenons ont une quantité de fil suffisante  pour assurer la tenue et l'étanchéité.
Il ne faut donc pas rajouter de fil, il suffit de rajouter de la graisse en fonction du besoin.

La graisse que j'utilise est un mélange que je réalise moi-même :
  • - cire d'abeille environ 1/3 en volume,
  • - vaseline environ 2/3 en volume.

Vous pouvez le réaliser facilement : mettre dans un petit pot en verre la cire et la vaseline dans les proportions indiquées plus haut, et faire chauffer au bain marie en mélangeant jusqu'à obtention d'un liquide homogène. Laisser refroidir.
Ce mélange a le mérite d'être très souple.
Pour la cire, utiliser les plaques gaufrées à usage des apiculteurs, qui sont faciles de manipulation.
Découper des copeaux de graisse, les écraser avec le pouce sur la périphérie du tenon, éliminer la graisse en surplus, puis emboîter les deux parties par rotation, sans forcer.
Lors de l'emboîtement, une petite quantité de graisse sera « poussée » à l'extérieur, il suffit de l'éliminer avec un chiffon doux.
Attention : la garantie ne couvre pas les fentes au niveau des mortaises. Soyez donc vigilant lors de l'emboîtement des différentes parties de votre flûte.
- graissage des coulisses d'accord et du bouchon : utiliser de la vaseline pure, sans rajouter ni graisse ni fil.
- réglage de la position du bouchon : le bouchon est l'« âme » de la flûte (Quantz), sa remise en place à sa position correcte est donc indispensable. La tige fournie comporte un repère. Pousser le bouchon pour que ce repère se situe au centre de l'embouchure.
- entretien de la clef : pour raviver sa surface supérieure, se servir d'un produit liquide du commerce pour l'argenterie, à passer après démontage avec un chiffon doux. Le métal argenté que j'utilise résistant trés bien à l'oxydation, la fréquence de cet entretien peut n'être que d'un an ou deux.
Attention à ne pas détériorer le tampon en cuir de la clef, et à ne pas l'imbiber d'huile lors du huilage de la patte, pour qu'il continue à assurer une parfaite étancheité. Le ressort qui est serti sur la clef n'a pas en principe à être touché, veiller à sa protection lors du démontage de la clef.
- après avoir joué : pour évacuer l'excès d'humidité après le jeu, il est préférable de démonter toutes les parties de l'instrument, et de les laisser au repos en position verticale, jusqu'au jeu suivant. Pour cela s'équiper d'un reposoir en bois disposant de quatre tiges support.
  N'utiliser la pochette de protection livrée avec la flûte que pour les périodes de transport ou des périodes de plus d'un mois d'inutilisation.
  Après un à deux mois d'inutilisation, refaire au moins partiellement une période de rodage, en commençant par un huilage complet.
  Ne pas exposer l'instrument aux fortes variations de température (exposition directe au soleil, proche d'une source de chaleur, au froid, ...), ni à une hygrométrie infèrieure à 50%.
Bien sûr éviter les chutes !

Les flûtes andines :

Les quenas en bambou ne demandent pas d'entretien particulier, sauf un nettoyage de l'embouchure de temps en temps avec un chiffon doux et de l'huile d'amande douce.
Elles sont livrées avec deux ou trois ligatures en fil de nylon pour éviter les fentes. Ne pas les exposer directement au soleil, et éviter les changements brusques de température.
Les quenas en bois : bien que moins « fragiles » que les flûtes baroques (en une pièce sans emboîtement), les quenas en bois requièrent la même période de rodage, et un entretien similaire.
Le bois est simplement poncé et poli, mais non vernis * (le vernis aurait pour effet de retenir l'humidité, avec pour conséquence une dégradation rapide des caractéristiques sonores et musicales de l'instrument). Il vous suffit donc de huiler régulièrement (tous les mois), avec une fréquence plus importante au début de l'utilisation (tous les quinze jours), l'intérieur et l'extérieur de l'instrument avec de l'huile d'amande douce.
Laisser pénétrer l'huile dans la perce pendant environ une à deux heures, puis essuyer le surplus avec un chiffon doux non pelucheux. Après avoir joué, laisser l'instrument au repos en position verticale pour évacuer l'excès d'humidité.
Cet entretien réalisé régulièrement vous garantira contre tout accident du bois, et bonifiera l'instrument dans le temps.
* Seules les parois des trous des doigts sont vernies : en effet le bois se présente dans ce cas en « bois de bout », les fibres sont coupées et plus aptes à emmagasiner l'humidité.

 
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Pierre Etchegoyen
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