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Les flûtes andines


Les quenas



La quena (ou kena, ou flûte indienne ou flûte des Andes) est la première flûte que j'ai pratiquée, et jouée en groupe, mes modèles de quenistes étant, parmi bien d'autres, Ricardo Galeazzi (ensemble Achalay), Guillermo de la Roca, ou Gilbert Favre (el Gringo).
C'est aussi la première flûte que j'ai fabriquée avant ma découverte des flûtes baroques. Il était donc logique de vous proposer sur ce site ces deux instruments, qui ont par bien des aspects beaucoup de points communs (lire ma page "FAQ question 10" à ce propos).
La quena est donc une flûte à encoche. Ce mode de production du son demande un peu d'apprentissage au départ (mais pas plus que sur une flûte traversière, la production du son étant de même nature), il permet beaucoup d'amplitude, davantage encore que ce que permet une flûte traversière, en hauteur et puissance du son. L'instrument "moderne" dispose de six trous sur le dessus, et d'un trou en dessous pour le pouce. La quena "standard" est en sol (sol3 tous les trous bouchés). Les autres tonalités les plus utilisés sont (du grave vers l'aigu) ré, fa et la.
Depuis janvier 2012, je ne propose plus de quenas traditionnelles en bambou, mais uniquement des quenas en bois, la facture de ces quenas autorisant davantage de contrôle et de précision, tous les paramètres acoustiques étant contrôlés au cours de la fabrication.
Les caractéristiques de ces très belles quenas de concert ont été étudiées pour assurer la meilleure justesse, avec un tempérament adapté et un très bon contrôle, que ce soit pour celles à perce* cylindro-conique, que pour celles à perce* cylindrique.
Ces quenas en bois sont issues des quenas traditionnellement réalisées en bambou, dont j'ai repris les différents "types" fonctions de leurs origines géographiques et culturelles.

Pour fabriquer ces quenas je reste donc fidèle à la tradition. La perce cylindro-conique de certaines de ces quenas se justifie par le fait que les bambous utilisés pour la fabrication des quenas (mais aussi de bien d'autres flûtes traditionnelles) ne présentent pratiquement jamais une perce stictement cylindrique, et que les meilleurs résultats sont obtenus avec des bambous qui possèdent certaines caractéristiques de conicité dans leur perce. Ceci n'est pas surprenant, car la conicité est un facteur déterminant dans la réalisation des flûtes. Je donne quelques explications sur les avantages d'une perce conique (cylindro-conique pour être plus précis) sur ma page "types de perce".
* : on appelle "perce" la forme intérieure de l'instrument, qu'elle soit naturelle comme pour le bambou, ou fabriquée comme pour une flûte en bois.
La quena est un instrument extraordinairement diversifié dans sa facture, sa technique de jeu, son matériau. Les quenas que je vous propose en standard sont choisies pour représenter au mieux ce large éventail. Je peux cependant adapter dans une certaine mesure les instruments selon vos propres choix, par exemple pour modifier la forme de l'embouchure *, ou choisir une autre espèce de bois (commandes spéciales, voir la page "Vente et services").

* l'embouchure (l'encoche) est la partie "vive" de la quena. Sa forme, ses dimensions, son raccordement intérieur avec la "perce" conditionnent également le timbre et la puissance.

Caractéristiques générales des quenas :

- tous les instruments sont au diapason la3 = 440 Hz (442 Hz sur demande),
- sauf demande autre, le dernier trou (sol3 pour une quena en sol) est placé dans l'axe des autres trous,
- sauf pour la quena de Cuzco ou elle est rectangulaire, l'embouchure est réalisée légèrement en Vé, cette forme d'embouchure permettant le meilleur compromis entre des graves sonores et des aigus clairs et aisés.
J'apporte beaucoup de soin et de minutie à la réalisation de mes instruments. Vous trouverez sur mes flûtes le respect du diapason, et un accord sûr et identique d'un instrument à l'autre.
Je vous communiquerai les délais de réalisation au moment de votre commande.

L'harmonisation de mes quenas :

Bien que, comme toute flûte, la quena ne soit pas un instrument à son fixe, et donc que la hauteur de chaque note peut être ajustée dans une certaine mesure par le flûtiste, il est important de réaliser un accord équilibré qui permette un jeu souple et adapté au répertoire.
Le choix du type d'harmonisation est conditionné par le style de musique que l'on souhaite interpréter. Les quenas d'avant la conquête fonctionnaient selon un mode pentatonique, avec des intervalles qui n'étaient pas ceux des systèmes européens apportés par les espagnols. Par la suite les autochtones ont très intelligemment digéré les apports étrangers, en incorporant de nouveaux éléments, ainsi qu'en modifiant leurs instruments (c'est le cas de la quena), et en en créant de nouveaux.
La presque totalité des musiques andines des hauts plateaux (indiennes ou métissées) sont soit pentatoniques pures, soit à base de cinq notes avec un ajout de notes secondaires qui ne modifient pas la structure mélodique, sans qu'il n'y ait dans ces mélodies l'équivalent de la note sensible, ou de la dominante par exemple, de notre système tonal occidental. C'est pourquoi il vaut mieux parler pour ces musiques de "modalités" plutôt que de "tonalités".
La quena d'aujourd'hui doit donc pouvoir correspondre à plusieurs styles musicaux qui peuvent demander parfois des ajustements dans l'accord. J'accorde mes quenas selon une gamme naturelle qui privilégie quelques tierces pures. Ce type d'accord permet de jouer les musiques indiennes ou métissées, ainsi que les compositions actuelles, avec une couleur particulière pour chaque tonalité ou mode, et beaucoup de personnalité et d'expressivité dans le jeu. Mais je peux, à votre demande, égaliser davantage l'instrument, selon le style musical que vous souhaitez interpréter.
Contrairement à ce qu'on peut lire sur certains sites traitant de la quena, celle ci ne possède pas une échelle réellement chromatique. Bien que certains demi-tons puissent se faire avec un "doigté de fourche" (sol#, lab, la#, sib, do# etc... comme indiqué sur les tablatures en ligne) et d'autres avec des doigtés que je qualifierais de "naturels" car diatoniques faisant partie du mode de l'instrument (fa#, ou le do# du doigté "argentin" par ex.), la majorité de ces doigtés se font en recouvrant un trou en partie, ce qui rend très délicats les enchainements sur des tonalités avec plus de x dièses ou bémols à la clé.
Le jeu chromatique nécessiterait d'avoir un doigté spécifique (diatonique ou de fourche) pour chaque note sur la totalité de l'ambitus de l'instrument.
Certains quenistes arrivent cependant à enchainer des chromatismes, mais ciblés sur très peu de tonalités (ou modes), et la "justesse" de ces chromatismes dépend de l'habileté et de l'oreille du flûtiste, et non de la capacité de l'instrument à la produire. Pour rendre la quena totalement chromatique, il faudrait réétudier complètement l'instrument, soit en ajoutant des trous supplémentaires (ce qu'a fait Pablo Salcedo, son site
ici), soit en y intégrant le système Boehm de clétage de la flûte traversière actuelle (je sais que des travaux dans ce sens sont en cours). Ce qui débouche (ou débouchera) sur un nouvel instrument, avec de nouvelles possibilités, mais certainement moins apte à rendre les particularités du répertoire d'origine. Pour ma part je reste fidèle à la quena traditionnelle, diatonique et modale, qui dans cette configuration permet déjà beaucoup de possibilités, et avec un caractère affirmé, et bien sûr pour ces mélodies Andines qui ne pourraient pas nous émouvoir sans ce son "magique et envoûtant" qu'à mon sens elle seule est capable de nous rendre.


 
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