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Les flûtes andines


les types d'accord pour les quenas



Deux types d'accord au choix :

accord dit "argentin"    
la gamme diatonique de l'instrument (quena en sol) a pour notes altérées do#, fa# et sol# (gamme* de la majeur).
accord dit "bolivien"    
la gamme diatonique de l'instrument (quena en sol) a pour notes altérées au choix :
  • - soit fa# et sol# (gamme* de la mineur), avec doigté A (0 0 2 3 4 5 0) ou B (0 1 0 0 0 0 0) au choix pour le sol4,
  • - soit fa#, avec doigté C (0 0 0 0 0 0 0) pour le sol4. C'est l'accord des quenas « boliviennes ».

      Se référer aux tablatures (formats pdf imprimables) pour avoir l'explication de la notation des doigtés. Ces tablatures sont celles des quenas en sol. Pour les quenas en fa, il suffit de transposer d'un ton plus bas.
      N'hésitez pas à me faire part de vos remarques concernant ces tablatures, de corrections éventuelles, ou de votre propre expérience dans la pratique de l'instrument.
      * : il vaudrait mieux parler de "mode" et non de "gamme", les mélodies andines ainsi que celles du néo-folklore étant bâties à plus de 95% sur un mode purement pentatonique ou dérivé de celui-ci (absence de la "tonique" ou "fondamentale", ainsi que de la "sensible"). Lire ici un article de Wikipédia sur les systèmes pentatoniques.
      Toutes les musiques (traditionnelles, métissées ou actuelles) pourront se jouer avec l'un ou l'autre accord.
      Cependant, en fonction des musiques que vous souhaitez interpréter, vous pouvez orienter votre choix vers tel accord ou tel type de quena, pour cela voir les indications que je donne à la suite de la description de chacun de mes instruments.

      Quelques explications :

      L'accord dit "argentin", ou "de Buenos Aires" ou "indirecta" selon les sources, dérive en fait de l'accord des quenas traditionnelles des communautés paysannes des hauts plateaux, accord pentatonique la-do-ré-mi-sol dont le second degré (do) était plus proche de notre do# au tempérament égal que du do.
      Cette particularité se retrouve encore aujourd'hui dans ces communautés paysannes (j'en ai trouvées encore récemment à La Paz en Bolivie, des flûtes traditionnelles appelées "Chokellas" avec encoches rectangulaires, à 4 ou 7 trous).
      J'ai gardé sur mes flûtes avec accord dit "argentin" un do# bas faisant une belle tierce majeure, tendant vers une tierce majeure dite "pure" avec le fondamental la (tierce avec un interval plus petit que celui de la tierce majeure du tempérament égal). Ce type d'accord est à mon avis celui à privilégier pour les mélodies anciennes où le do# est présent (écouter les extraits musicaux de la page "quenas en bois"). Avec cet accord, le do bécarre se fait avec le doigté de fourche P 1 2 3 0 5 0 (et en corrigeant un peu avec l'embouchure pour le baisser), tendant vers une tierce mineure pure entre la et do (tierce avec un interval plus grand que celui de la tierce mineure du tempérament égal).
      Par la suite, la quena a été modifiée : déplacement du trou de do et diminution de son diamètre pour obtenir un do plus tempéré. Et curieusement c'est ce nouvel accord, dit "bolivien" (ou "directa") parce que vraisemblablement issu de ce pays (à mon avis né dans les années 1950/60, avec de plus grosses quenas pour se faire entendre dans la rue), qui se pratique le plus aujourd'hui dans les nouvelles musiques urbaines, et qui est presque devenu "le" standard de la quena d'aujourd'hui !! mais il reste encore quelques incorruptibles, dont je fais partie vous vous en doutez, bercés dans leur adolescence par les groupes Incas, Achalay, ... et d'autres, ainsi que les quenistes Santillan, Ben-Pott, Ramos, De la Roca, ... qui jouent (ou jouaient) tous avec l'accord "argentin" !
      Une autre modification a été d'augmenter l'ambitus de l'instrument en le dotant d'un sol grave (on rencontre aussi quelquefois un sol#).
      La différenciation entre l'acord "argentin" et "bolivien" se fait donc au regard du doigté de la note do seulement. Mais il existe également d'autres différences de doigtés, et notamment pour la note sol4 (le second sol d'une quena en sol), qui peuvent indifféremment être appliquées à l'un ou l'autre accord, en fonction des habitudes ou préférences du luthier ou du queniste. Vous pourrez vous rendre sur le blog Quena y Charango de Juan Luis Morión Pina (en espagnol), pour voir un certain nombre de "Digitaciones para quena" selon les luthiers ou quenistes.
      Les doigtés que je vous propose pour la note sol4 (voir mes tablatures plus haut), et qui conditionnent aussi le doigté du sol5 (et éventuellement d'autres notes dont les sol#) sont ceux les plus utilisés (surtout B et C, B pour l'accord "argentin", C pour l'accord "bolivien"), et parce qu'il faut bien tenter de "standardiser" parmi tout l'éventail du "possible" !
      Pour illustrer (par le son !) la différence entre les deux accords sur la note do#, ci-dessous la même mélodie jouée, d'abord avec une quena avec l'accord "argentin", puis une quena avec l'accord "bolivien". Je détache, en fin d'enregistrement, la note do# pour vous permettre d'apprécier plus facilement la différence de hauteur* :
      Quena avec l'accord "argentin" :

      Texte Alternatif


      Quena avec l'accord "bolivien" :

      Texte Alternatif


      * : à noter qu'avec la quena accord "bolivien", la hauteur de la note do# dépend de votre habileté à boucher le trou 3 en partie, et bien sûr en fonction de votre "oreille". J'ai cherché dans le second extrait à jouer un do# tempéré égal, pour pouvoir ainsi le comparer au do# bas de l'accord "argentin". Ce do# bas de l'accord "argentin" est tout à fait typique d'un accord traditionnel, même s'il est toujours délicat de définir ce que pourrait ou pouvait être cet accord (dans le temps, dans l'espace géographique il a pu évoluer, être différent, entre les époques d'avant conquête et les temps qui ont suivi). Il donne en tout cas beaucoup de "grain" aux mélodies jouées avec cet accord.

      Une autre précision :

      On a pris l'habitude de nommer "quena en sol" la quena dont la note la plus grave est un sol. Or le passage du premier registre au second registre par octaviation se fait sur le la, et non sur le sol (à l'origine la quena était dépourvue de la note sol). Ainsi la quena est construite sur une gamme de la, et non sur une gamme de sol.
      Il en est de même pour la flûte traversière baroque en ré : le passage du premier au second registre de l'instrument par octaviation (changement de registre) se fait sur le ré : la flûte est construite sur une gamme de ré (gamme de ré majeur). L'ajout d'une patte d'ut (comme l'ajout du trou supplémentaire pour le sol grave sur la quena) ne change pas la tonalité de base de l'instrument.
      Ceci est important, car le choix du tempérament (hauteur de chaque note de la gamme diatonique de la quena, celle obtenue en débouchant successivement tous les trous de la flûte l'un après l'autre) et appelé quelquefois "accord" mais improprement, conditionne le timbre, donc la « couleur » de l'instrument.
      J'accorde donc mes quenas selon une gamme (ou plutôt un mode) de la (majeur ou mineur selon le type d'accord, voir plus haut), et non sur une gamme de sol. Sur cette gamme (ou mode) de la j'applique un des tempéraments dits "naturels" en recherchant quelques tierces "pures" (voir "à propos des gammes et tempéraments" sur la page "Liens" de mon site).
      Pourquoi ? : le principe de construction d'une flûte est la recherche de la justesse des partiels à partir du fondamental (puis de chaque note diatonique), afin d'obtenir une meilleure richesse harmonique, et pour une quena le fondamental est la note la, et non sol dont on n'utilise pas les doigtés d'octaviation (qui d'ailleurs fonctionnent très mal, surtout le premier). Voir ma page "FAQ" pour une explication sur la justesse des partiels.
      Mais, rassurez-vous, vous ne serez pas dépaysés en jouant sur une de mes quenas, car de toute façon une quena bien accordée ne fonctionne bien que dans ce mode de la, bien que l'on la nomme "quena en sol".
      Les mêmes remarques sont valables pour la quena dite en fa qui est en réalité en sol (il suffit de transposer d'un ton plus bas).
      Cependant, et pour ne pas introduire de confusion, je respecte les habitudes acquises, et je nomme « quena en sol » la quena dont la note la plus grave est un sol, « quena en fa » la quena dont la note la plus grave est un fa.

      Les différents doigtés de la note intermédiaire entre les deux premiers registres (sol4 pour les quenas en sol) :

      Il existe au moins trois doigtés possibles pour cette note. Pour chacun de ces doigtés la position et le diamètre du trou de dessous pour le pouce sont différents.
      C'est pourquoi il faudra que vous me précisiez au moment de la commande le doigté que vous souhaitez.
      Au choix, quelque soit le type de quena :
      soit 0 0 2 3 4 5 0 (doigté A)
      soit 0 1 0 0 0 0 0 (doigté B)
      soit 0 0 0 0 0 0 0 (doigté C)
      Les doigtés les plus usités aujourd'hui sont le doigté B pour les quenas plutôt "fines" et le doigté C pour les grosses quenas de type "bolivien".
      Si vous avez déjà des habitudes de jeu, vous ferez votre choix en fonction de votre expérience, ou vous m'indiquerez votre propre doigté.


 
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